Affichage des articles dont le libellé est Sources d'inspiration. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sources d'inspiration. Afficher tous les articles

jeudi 6 février 2014

La SF Féministe, ça existe !

Science-fiction et féministe, voilà bien une association de mots surprenante. Il faut dire que le public de la SF est quand même très majoritairement masculin, surtout si l’on creuse un peu côté littérature SF ou des premiers longs-métrages du genre. Pourtant, j’aime à croire que de plus en plus de femmes lisent, regardent, jouent avec la SF. Le premier soupçon m’en a été donné par l’excellent site > Goodreads < (un site communautaire de lecteurs qui vous permet de partager vos envies de lectures, vos critiques, découvrir les derniers ouvrages parus, etc.). Parmi les lecteurs de SF, donc, une sacrée masse de femmes et de bien des pays !
Une illustration de Chris Moore.

Et puis un jour, je suis tombée sur ce groupe appelé « feminist science-fiction ». J’ai tout de suite compris de quoi il s’agissait, et je suis sûre que vous aussi : les héros de SF sont toujours des hommes mais cette fois… Les femmes ne seraient pas en reste ! C’est une bien bonne nouvelle, car vraiment, les personnages féminins dans la SF sont trop souvent (surtout dans les jeux vidéos !) cantonnées à être : [choisir la mention appropriée]
- La femme-trophée : la femme (à forte poitrine) en détresse dépourvue de toute ressource et qu’il convient de sauver (pour pouvoir la mettre dans son lit, bien sûr).
- La femme-potiche : la femme (à forte poitrine) qui habille un décor de luxe ou de débauche, l’accessoire parfait pour mettre en valeur un personnage masculin important.
- La femme-hacker : la femme (à forte poitrine) qui montre des compétences inédites pour des domaines typiquement masculins. Audacieuse, je l’aime quand même bien celle-ci !
Mais allons, inutile de nous lamenter plus longuement puisqu’un nouveau genre va nous permettre de connaître une multitude de personnages féminins intéressants (et pas uniquement grâce à leurs formes) !

Enfin… Nouveau ? Non. A priori, le genre serait né au lendemain de la seconde guerre mondiale. Avec la poussée du féminisme de l’époque, de nombreuses américaines s’étaient mises à écrire de la science-fiction dont les narrateurs étaient des mères et des femmes au foyer. La technologie, bien sûr, offrait alors bien des pistes possibles pour les futurs de ces personnages. Mais selon Yaszek* (référence en bas de page), il n’y avait pas vraiment encore de conscience politique dans ces écrits. Du coup, il n’a pas été catalogué comme féministe à cette époque.

Néanmoins, il ne s’agirait pas que de personnages féminins, mais aussi de livres qui soulèveraient la question de la place de la femme dans les sociétés et plus généralement, les constructions culturelles liées au genre. Tout ceci est donc bien d’actualité, et je compte m’y plonger aussi tôt que possible. Mais alors, je commence par où ?

Par un classique du genre serait probablement le plus judicieux !

Le plus célèbre semble être The Handmaid’s Tale (La servante écarlate en français), écrit par Margaret Atwood (étrangement, ce nom ne sonne pas inconnu à mes oreilles, mais où en ai-je entendu parler ? Impossible de me souvenir) en 1985. Il s’agit de l’histoire d’une jeune femme qui travaille comme domestique pour un couple assez aisé. L’homme est un gradé qui fera en sorte d’accéder aux charmes de l’héroïne, Offred. Le thème m’a l’air assez classique, on dirait une histoire du début du siècle dernier mais transposé dans un autre monde. C’est ajouté sur ma pile à lire !

Un autre ouvrage a particulièrement retenu mon attention. C’est peut-être celui-ci que je lirai en priorité, d’abord pour les notes excellentes qu’il a récolté sur Goodreads et l’ambiance post-apocalyptique dans laquelle l’histoire paraît se dérouler. Il s’agit de Parable of the Sower, d’Octavia E. Butler (1993). Du même auteur, j’ajoute à ma pile Wild Seed car bien que plus ancien, il a d’encore meilleures notes.

La couverture de Parable of the Sower est particulièrement attirante. Je n'ai malheureusement pas retrouvé le nom de l'illustrateur.

En dernier lieu, je retiens The Gate to Women’s Country de Sheri S. Tepper (1987), qui imagine un monde où, suite à une crise importante, la société se serait scindée en deux : d’un côté des hommes polygames, de l’autre des femmes sans pitié qui asservissent les hommes avec violence. Une bien sombre histoire, comme je les aime souvent !

L’ensemble de ces livres, l’ambiance et les personnages que j’entrevois me rappellent tout de même Moi qui n’ai pas connu les hommes, de Jacqueline Harpman (et c’est là que je me dis qu’en fait, j’ai lu de la SF féministe sans le savoir). Si c’est dans cette veine, je vais certainement prendre du bon temps, et ceci me fait penser que je vous ferai un article prochainement sur ce bouquin tout à fait hors du commun.

Je ne sais s’il existe réellement un espace littéraire français de science-fiction féministe (si c’est le cas, c’est qu’il est mal connu, et je suis tout à fait ouverte à des suggestions !) mais le genre est bien connu au Canada, aussi ne désespéré-je pas de trouver des écrits francophones en plus des lectures ci-dessus (car à part celui de Margaret Atwood, ils n'ont pas été traduits !)


Et vous, vous connaissiez la SF féministe ? Vous en avez lu ? Qu’en pensez-vous ?



*Lisa Yaszek a rédigé un ouvrage sur la littérature SF féministe. C'est en anglais mais en libre accès > ici <.

jeudi 2 janvier 2014

Real Humans : une deuxième saison frissonnante !

Avez-vous jamais rêvé de ce moment de l’humanité où l’on serait capable de créer des robots si semblables à l’être humain que l’on ne serait plus capable de les différencier ? Ce fantasme de la SF a été magistralement illustré par une série télévisée suédoise sobrement intitulée Real Humans (les « vrais humains » en français, titre original suédois : Äkta Människor).
Créée par Lars Lundström et réalisée par Harald Hamrell et Levan Akin, la première saison de cette série a été diffusée l’année dernière par Arte. Depuis le 1er décembre dernier, la seconde saison est diffusée sur la chaîne suédoise SVT1 et c’est là que je suis particulièrement enchantée de me trouver en Suède ces jours-ci. Et d’être parmi les premières spectatrices françaises à découvrir le deuxième opus.



Mimi, en robe bleu-vert, est la nouvelle « Hubot » de la famille Engman, achetée pour s’occuper des tâches ménagères de la maison.


Après une première saison teintée d’une ambiance joviale et accrocheuse où l’on découvre tout ce que ces robots humanoïdes vont pouvoir apporter à l’espèce humaine, la deuxième saison laisse place à une ambiance beaucoup plus sombre…
Il fallait dire que la dernière saison finissait avec quelques coups de théâtre dramatiques et que la suite ne pouvait pas être trop fleurie. Changement radical d’atmosphère, donc, et terriblement réussie qui plus est ! Le scénario, les images, les décors… Tout est encore plus travaillé que dans la première saison, pourtant déjà époustouflante de réalisme.



Odi et Roger sont désormais collègues de travail à Hub Battle Land, un Paintball où les talentueuses cibles sont des Hubots.


Par ailleurs, alors que la première saison coulait un rythme tranquille, avec une brave odeur de vie bien ordonnée, cette seconde saison démarre sur les chapeaux de roue : les quatre premiers épisodes sont plein de surprises, de suspens savamment dosé et toujours, cette petite touche scandinave incomparable.
Le plus surprenant, à mon sens, c’est la capacité du scénariste à avoir pensé à tous les petits détails qu’un tel avenir nous réserverait si effectivement, nous avions des Hubots dans nos vies : des qualités de machine variables, des personnes qui se feraient passer pour un robot ou vice-versa, des gens qui tomberaient amoureux d’un Hubot, ou encore ce parti extrémiste qui souhaite les éradiquer de la surface de la terre. Au final, tous ces petits détails parviennent à secouer quelque chose dans votre tête : une réflexion plus profonde, plus sourde et plus angoissante, implicite dans cette série : que se passerait-il si effectivement, des robots nous remplaçaient au travail définitivement ? Que deviendrions-nous ? Serions-nous pour le progrès, ou bien serions-nous comme ceux qui ne parviennent pas à accepter ce changement ? Les réponses sont hautement complexes et Real Humans nous montre toutes les facettes positives et négatives, multiples et plausibles.



Et si le recruteur de Pôle Emploi affichait toujours ce sourire honteusement poli face à vos désespoirs et réclamations ?


Le tout est saupoudré, comme lors de la première saison, de quelques histoires parallèles sordides ou attendrissantes. Les vies des personnages (humains ou non-humains) s’entremêlent comme des faisceaux convergeraient lentement vers un point… Encore mystérieux.

Bref, il est temps pour vous de regarder Real Humans, et pour moi d’attendre avec frénésie que le cinquième épisode soit diffusé à la télé suédoise !



A vos écrans !







dimanche 13 octobre 2013

La SF à l'honneur aux deux coins de France : E-Topie & Utopiales

L’endroit où j’aimerais être en Novembre, c’est Nantes. Non pas seulement parce que c’est une jolie ville et que ce serait sympa d’y passer, mais parce que cette ville fête la science-fiction du 30 octobre au 4 novembre dans un festival… visiblement à gros budget.




Les Utopiales, que ça s’appelle, et même que ça s’oriente sur la littérature et les BDs, les sciences, le grand et le petit écran, les jeux vidéos et l’art. En gros tout ce que j’aime vous présenter sur ce blog, et je suis trop jalouse !

N’hésitez pas à me (nous !) faire quelques petits retours si vous avez la chance d’y mettre les pieds, car je suis pour ma part exactement de l’autre côté de la France et je ne pourrai y être.


Qu’à cela ne tienne, j’ai regardé ce qu’il se passait du côté de chez moi, dans les Bouches du Rhône. Pensant ne rien trouver, bien sûr. Hé bien, je me mettais le doigt dans l’œil !

A l’occasion de Marseille Provence 2013 (pour ceux qui n’auraient pas suivi, cette ville n’est pas seulement le repaire du grand banditisme, c’est aussi la Capitale de la Culture cette année !), une série de projets regroupés sous le nom de e-topie sont diffusés sur Marseille, Aix-en-Provence et ses alentours. Ce n’est pas à proprement parler de la SF, mais plutôt des projets artistiques innovants et futuristes.




L’un d’entre eux en particulier m’a vivement impressionnée hier soir : Ryoji Ikeda, un japonais (non, sans blague ?) et son équipe ont projeté sur les façades du Musée Vasarely un spectacle son et lumière, intitulé "the radar" ; ça a donné quelque chose de très dark mais terriblement inspirant. Cet art (projection lumière et son à grands volumes et sur de grandes surfaces d’architecture) se nomme le mapping.

Je vous avais pris une petite vidéo sur mon téléphone mais malheureusement, la qualité n’est pas au rendez-vous. Nous nous contenterons donc de cette photo où il y avait une projection de planètes en noir et blanc sur une bande son grandiose...




… et pour élément de comparaison, la Fondation Vasarely de jour. Le bâtiment est écrasant, alors le spectacle, n’en parlons pas !




Il y a tout un tas d’autres spectacles par les projets e-topie dans les environs et jusqu’au 10 novembre… C’est le moment de sortir pour voir des choses d’inspiration SF !


A Marseille et ses alentours : http://www.mp2013.fr/evenements/2013/10/e-topie/

samedi 7 septembre 2013

I'm Here, la poésie de Spike Jonze

Je ne connais pas très bien l'œuvre de Spike Jonze - en fait, je n'avais entendu parler de lui qu'à cause de Jackass, la bande de givrés qui font des cascades terribles et des blagues dégoûtantes, ou vice versa. Et souvent les deux en même temps. Bref, a priori donc, rien qui ne m'intéresse... 

Sauf que, en 2010, voilà que l'on m'envoie sur le site d'un court métrage SF qui fera définitivement chavirer mon opinion sur ce monsieur. Il réalise à cette époque 30 minutes de poésie émouvante intitulée I'm Here, que je me repasse de temps en temps encore. 




I'm here raconte l'histoire d'un robot parmi tant d'autres, dans une société où leurs droits ne sont pas reconnus - pourquoi le seraient-ils ? Ils sont l'invention de l'homme et ne sont pas sensés avoir d'émotion ou de réelle intelligence. 
Pourtant, dans le monde de Spike Jonze, les robots ont des sentiments, des désirs et des frustrations. Il est étonnant à quel point le réalisateur ressort cette vieille interrogation humaine (et si les robots que nous fabriquions devenaient intelligents au point d'avoir des sentiments et une volonté propre, que ferions-nous ?) d'une manière si touchante et surtout, sans tomber dans le cliché de la domination des machines... 




Au contraire, ici ce sont les hommes qui dominent des machines, les humilient parfois. L'on reconnaît dans cette image la tendance naturelle de l'humain à écraser celui qui est différent : les robots n'ont pas le droit de conduire, on les laisse mourir sur le bord de la route s'il leur arrive quelque chose... Bref, pleines de petites anecdotes qui ne manquent pas de nous rappeler de tristes mais véridiques histoires de racisme ou de sexisme. Spike Jonze a bien cerné la nature humaine... 

L'histoire ne s'arrête pas à ça, par ailleurs. C'est surtout le scénario autour du héros et d'une histoire d'amour qui va peu à peu se développer. Et le héros se comporte exactement comme si nous autres, adultes, découvrions soudain l'existence de l'amour - interdit jusqu'ici.




Je vous invite vivement à aller regarder ce petit bijou de poésie, cela ne vous prendra qu'une demi-heure. Par contre, le site Internet pour le voir bug un petit peu ( http://www.imheremovie.com ) mais vous pouvez le voir sur youtube au cas où cela ne fonctionne pas, juste ici... :




Dans le même genre et si vous avez du temps à tuer, je vous recommande vivement la série Äkta människor, une production suédoise sur le même thème qui a fait un tabac sur Arte sous le nom de "Real humans". 

dimanche 18 août 2013

Des illustrations de Dune... approuvées par Herbert en personne !

C'est une jolie découverte que j'ai pu faire sur le net aujourd'hui : des illustrations de Dune datant des années 60 et bigrement fidèles à l'univers de Frank Herbert. 


En fait, je ne suis pas une inconditionnelle de Dune (je changerai peut-être d'avis quand j'aurai lu les derniers !), même si j'admire énormément le travail de la création de son univers et surtout l'ambiance particulière qu'il a su donner à ses livres. Le héros ne m'apparaît pas vraiment sympathique mais les coutumes et la vie difficile de Fremen, ainsi que les manigances compliquées des grandes maisons, si. Quant aux vers, et Arrakis, la planète de sable et son épice... Ok, même sans être fan du livre, je suis carrément emballée par le monde imaginaire que l'auteur nous fait découvrir. 

          Or, en SF, une certaine importance a toujours été donnée aux couvertures des livres et autres dessins accompagnant les œuvres, parfois les constituant (à ce propos, il faudra que je vous écrive un truc sur Mœbius un de ces jours !). Or, c'est un certain monsieur John Schoenherr qui s'est attaché à illustrer, avec un terrible talent, l'univers de Dune. 


Les illustrations étaient d'ailleurs tellement juste que Frank Herbert en personne certifiera qu'il n'avait jamais vu aucun artiste approcher autant l'image qu'il se faisait d'Arrakis et de ses habitants. "I can envision no more perfect visual representation of my Dune world than John Schoenherr's careful and accurate illustrations", dira-t-il même (pour les non-anglophones, il dit tout simplement : "je ne peux envisager de meilleures représentations visuelles de Dune que les illustrations soignées et précises de John Schoenherr"). 
Et c'est vrai, quand même, il a pas tort... Regardez-moi Paul : avouez que vous l'imaginiez comme ça vous aussi !


Il paraît même qu'il y a un livre qui est sorti les regroupant il y a bien deux décennies, mais je ne suis pas aux Etats-Unis, aussi ai-je peu de chances, je pense, de le trouver pour l'ajouter à ma bibliothèque, car je doute qu'il soit encore édité. Alors en attendant, vous trouverez des versions grand format > ici <. 




" Je ne connais pas la peur, car la peur tue l'esprit... "